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Friedrich Nietzsche

Friedrich Nietzsche : Biographie

il y a 22 mois Suivre · Utile  (5) · Commenter


Le dépassement esthétique

 

Il ne faut se soucier « d’un philosophe qu’autant qu’il est capable de donner un exemple […] mais l’exemple doit être donné par la vie visible et non point seulement par les livres, […] toute grande philosophie jusqu’à ce jour a été la confession de son auteur et constitue ses mémoires ». Pour Nietzsche, des émotions vives aux envolées de l’esprit, il y a moins qu’un pas : existence et œuvre côtoient des destinées et cheminements communs. Aventure intellectuelle, sentiments personnels, résistance aux symptômes pathologiques de la civilisation et écriture poétique s’exhalent d’une même intuition.

 

Poèmes, journaux, pièces de théâtre, réflexions mêlées : Nietzsche a déjà énormément écrit quand s’achève la vingtième année de sa vie. Il y a toujours eu, en lui, un besoin d’être ramené à soi dans l’écriture, se réfléchir dans les mots, concrétiser sa vie comme un acte de création poétique : « J’avais connu, quoique très jeune, trop de deuils et d’afflictions ; je n’avais ni la gaieté ni l’exubérance qui sont habituelles aux enfants. […] Je recherchais la solitude et ne me sentais aussi bien que lorsque je pouvais m’entretenir avec moi-même. »

 

Enclin à la mélancolie et la solitude, le jeune Nietzsche se destine à être pasteur comme son père, en Saxe. Très jeune, il perd son père et, à l’adolescence, la foi qui l’animait jusqu’alors. Placé sous l’autorité de sa mère, sa grand-mère paternelle et ses deux tantes, il reçoit une éducation austère et ascétique. Ses facultés intellectuelles et solides connaissances classiques intéressent ses professeurs qui conservent ses dissertations. En 1864, il s'inscrit en théologie à l'université de Bonn. Nietzsche s’oppose au véritable but de l'université qu’il perçoit comme un arrachement des jeunes gens à la vigueur que constitue l'authentique philosophie. La philosophie universitaire est ennuyeuse, approximative, assujettissante. Pour Nietzsche, la solution est d'expulser les « philosophes » de l'université, voire de les persécuter.

 

Pendant ses années d'enseignement, lui-même étant compositeur de quelques œuvres musicales, Nietzsche se lie d'amitié avec Richard Wagner. « Sans la musique, la vie serait une erreur. » L’énergie inébranlable fournie par la musique empêche le confort intellectuel et inspire l’exigence et la matière de l’écriture. Cette rencontre avec Wagner sera décisive dans l’élaboration de la philosophie esthétique nietzschéenne. Elle inspire son premier ouvrage La Naissance de la Tragédie, paru en 1872. Wagner en fait l’éloge mais elle suscite de vives polémiques dans les milieux universitaires germaniques. Soutenant que la tragédie, comme la musique, est produite par l’esprit dionysiaque, irrationnel et mystérieux, et non par l'esprit apollinien, symbole de la lumière et de l'harmonie que l'Occident admire comme la qualité la plus éminente de la Grèce ancienne, l’ouvrage renverse la perspective traditionnelle de la culture grecque. Le philosophe dionysiaque, selon sa propre définition, « accepte même les qualités les plus effroyables et les plus équivoques de l'existence », il ne craint pas le passage du temps, l’éphémère ni le chaos. La Naissance de la tragédie se présente comme la première contribution à la critique de Socrate. De 1873 à 1876, Nietzsche publie les quatre essais de ces Considérations intempestives, puis en 1878 Humain, trop humain, « en mémoire de Voltaire pour le centième anniversaire de sa mort ». Composé de plus de quinze cents aphorismes, ce « livre pour esprits libres » scelle la rupture de Nietzsche avec la « volonté de morale de Schopenhauer » et le « romantisme incurable de Richard Wagner ». Cependant, Wagner, demeurera un personnage capital qui ne cessera d’influencer et d’obséder Nietzsche qui écrit, en 1888, Le cas Wagner et Nietzsche contre Wagner.

 

Une errance productive

 

En 1879, son état de santé l'oblige à quitter ses fonctions de professeur. Commence une vie errante mais non moins productive entre Sils-Maria, Nice, Menton et plusieurs villes italiennes. C’est lors d’une promenade sur les bords du lac de Silva-Plana, en 1881, que la révélation de l’éternel retour s’impose à lui et inaugure une période de création accrue, entrecoupée de crises de grande affliction, notamment en 1882 quand, sombre et solitaire, il rencontre et pense trouver le bonheur auprès de Lou Andréas Salomé, future amie de Rilke et Freud. Nietzsche la demande en mariage mais elle se refuse à lui. Les livres s’enchaînent alors : Aurore. Pensée sur les préjugés moraux paraît en 1881, suivi du Gai Savoir (quatre premiers livres en 1882) et d’Ainsi parlait Zarathoustra (première et deuxième partie en 1883, troisième partie en 1884, quatrième en 1885). La cinquième partie du Gai Savoir paraît en 1886, tout comme Par delà le bien et le mal qui inaugure le combat contre Platon, la lutte contre l'oppression de l'Église chrétienne. La Généalogie de la morale (1887) poursuit le travail entamé depuis le Zarathoustra. Le Crépuscule des idoles (1888) prend pour cible la raison, de Socrate à Kant. L’Antéchrist (1888) apparaît comme un prélude à la crise qui, quelques semaines plus tard, emporte Nietzsche ; sa pensée s'y trouve fragmentée, décochant des traits d’esprit en tous sens. Dans Ecce Homo. Comment on devient ce qu’on est (1888) Nietzsche retrace son propre itinéraire, la genèse de sa pensée.


Cette période de production foisonnante prend fin brutalement, en janvier 1889, lorsque pris d’une crise de folie, il se précipite au cou d’un cheval et s’effondre dans une rue de Turin. En janvier, son ami Overbeck le ramène à Bâle ; de là, il est transféré à la clinique psychiatrique d'Iéna. Ramené en Allemagne, il est placé sous la tutelle de sa mère, mais ne recouvre pas la raison. Nietzsche a alors la certitude d’incarner alternativement les figures de Dionysos et du Christ, puis sombre dans un mutisme quasi complet jusqu'à sa mort en 1900. Une opinion répandue veut qu'il ait contracté une syphilis nerveuse. Après la disparition de sa mère, c’est sa sœur Elizabeth Fœrster-Nietzsche, veuve d'un antisémite notoire, qui le prend en charge. En 1901, elle publie un ultime ouvrage de Nietzsche, La Volonté de puissance. Cependant, si l'auteur lui-même avait projeté une telle publication, il était loin d'en avoir achevé la composition et le classement des aphorismes, celui-ci fut effectué, et largement orienté par les convictions politiques de sa sœur.

 

Culture et décadence

 

« La philosophie, telle que je l'ai toujours comprise et vécue, consiste à vivre volontairement dans les glaces et sur les cimes, – à rechercher tout ce qui dans l'existence dépayse et fait question, tout ce qui, jusqu'alors, a été mis au ban par la morale. […] Quelle dose de vérité un esprit sait-il supporter, sait-il risquer ? Voilà qui, de plus en plus, devint pour moi le vrai critère des valeurs. » (Ecce homo)

 

Philosophe-médecin, Nietzsche se donne pour fin de sonder la santé de toute civilisation, cela passe par l’évaluation et la critique de la culture, la politique, la religion, la morale et l’art. Le monde est jusqu’alors considéré comme un cosmos ordonné, régi par un principe unique (Spinoza, Hegel, etc.). Or, selon Nietzsche, le monde est un ensemble de forces, de tension, un chaos impossible à soumettre à un principe unitaire et immuable. Nietzsche est étranger à l’esprit de système. Il utilise l'aphorisme et la fragmentation du discours afin de retrouver une parole instinctive plus proche de la dynamique du réel. Il est en rupture profonde avec toute la tradition dialectique, systématique et déductive qui caractérise la pensée occidentale depuis Platon. Son caractère incantatoire, prophétique ou énigmatique est revendiqué et inspiré des tragiques grecs et présocratiques. Pour lui, l’homme fait l’erreur de « cherche[r] un principe au nom duquel il puisse mépriser l’homme ; il invente un autre monde pour pouvoir calomnier et salir ce monde-ci ; en fait il ne saisit jamais que le néant et fait de ce néant un “Dieu”, une vérité, appelés à juger et condamner cette existence-ci ». Nietzsche appelle cette réalité stable, impassible, « arrière-monde ». La métaphysique invente un autre monde, contraire à la vie, un monde unifié, éternel qu’elle représente comme vrai. Mais c’est une illusion car il ne reflète pas le réel. La métaphysique nous engage à fuir le monde sensible en dénigrant son caractère éphémère ; elle n’est que fonctionnelle. C’est une fiction qui masque le renoncement de la volonté. Cet idéal conçu comme transcendance, vérité et morale, déplace le centre de l'existence humaine sans jamais examiner ses propres titres de légitimité. Il favorise le développement intellectuel au détriment des pulsions. Il y a alors valorisation d’un aspect de la vie au détriment du tout qui va à l’encontre de la vie visible et instaure un rapport négatif et non dynamique avec la réalité. Or, l’être vivant ne doit pas seulement s’adapter à la vie, mais conquérir le milieu, le dominer, s’affirmer et s’y imposer. La vie en son essence est sensible, multiple, changeante, et l’homme ressent ces caractères dans le corps. Les valeurs morales ne servent donc qu’à l’annihiler. Nietzsche établit que les normes devraient être tirées directement de l’organisme vivant car nous n'avons aucune connaissance de quoi que ce soit en dehors de ce que nous percevons. Nietzsche privilégie une vision du devenir marquée par l'innocence ludique de l'enfance et par l'intuition de l'éternité secrètement immanente à l'instant. Paradoxalement, il y a un être du devenir : sa permanence vient de ce qu'il ne cesse de revenir sur soi, formant le cercle de l'éternel retour du même.

 

La morale comme pathologie

 

L’ensemble des erreurs de la métaphysique a donc une origine morale. Nietzsche nomme morale tout type d’éthique qui place les valeurs au-delà de la vie. La morale n’est qu’un point de vue subjectif sur les faits. Elle est signe et symptôme de la pathologie de la civilisation, elle exprime une crise propre à la culture. Les philosophes moraux prétendent juger la vie mais ce jugement est rejet, refus de la vie. La morale n’est qu’une anti-nature. Si la société est en crise, c’est parce qu’elle fait d’une pathologie une norme.


Lou Salomé, Paul Ree et Friedrich Nietzsche en 1882.

 

Pour Nietzsche, tout ce qui existe est, en son fond, volonté de puissance, volonté de vie, laquelle est « l'essence la plus intime de l'être » et du monde. Toute force participe de cette même essence : « C'est la même force qui se dépense dans la création artistique et dans l'acte sexuel; il n'y a qu'une seule force ». La volonté de puissance s'analyse comme la relation interne d'un conflit qui ordonne une force, comme structure intime d'un devenir. L’impératif interne de la volonté de puissance ne laisse le choix qu'entre le fait de se surpasser à l'infini ou bien celui de décliner. L'homme puissant est celui qui assume d'affronter ses pulsions en acquérant leur maîtrise au lieu de les refouler dans des attitudes de dénégation. Il est créateur de formes, ne refoule pas l’obscur en lui et assume diversité, contradiction, maîtrise du chaos. Le faible s’affirme à partir de la négation, il n’est que ressentiment. Sa faiblesse ne l’empêche pas d’être socialement dominant, car il peut soumettre le monde à ses valeurs. La crise de la culture a lieu quand cette faiblesse devient prépondérante dans la civilisation, elle devient alors ce que Nietzsche nomme : une crise du nihilisme.

 

Quand les Idéaux et leur rigueur deviennent insupportables, entrent en désuétude, le Dieu moral s’efface : on cesse de croire. C’est le second nihilisme,  passif : non seulement la vie est affaiblie, mais, en outre, les fictions qui lui donnaient sens ont perdu leur force. L’ébranlement, puis l’agonie du sens (moral, religieux, métaphysique) se traduit par le « grand dégoût » de l'homme pour lui-même. Ne cherchant plus le sens, l'homme s’abîme dans la paresse intellectuelle et morale. Le socialisme, le scientisme ne sont que des substituts, tout aussi illusoires et négatifs, des Idéaux en déclin.

 

« Dieu est mort » : ces paroles prononcées par Zarathoustra et reprises dans Le Gai Savoir résument cet effondrement de toutes les valeurs. Mais Nietzsche ne se réjouit pas de la mort de Dieu qui scelle la perte du fondement de la foi chrétienne : « Dieu est mort ! Dieu gît mort ! Et c’est nous qui l’avons tué ! » Dieu est mort et ce sont les hommes qui l'ont tué, en cessant de croire aux plus hautes valeurs qu'ils ont adorées. L'homme moderne que Nietzsche exècre est « le dernier homme », celui qui peut se réjouir de la « mort de Dieu » sans en mesurer les conséquences. Il s'installe dans le nihilisme, croit que l'humanité progresse, il ne voit rien de plus important que son confort, sa sécurité et l'égalité entre les hommes. Nietzsche établit une critique de la démocratie parce qu’il refuse l'idée d'une égalité entre les individus, héritée du christianisme. La démocratie ne peut permettre une haute culture de l'esprit. Elle est idéologie du troupeau qui cherche la sécurité et le bien-être, aux dépens de et contre la supériorité intellectuelle. Elle se fait ennemie de tout génie. L'esprit démocratique est complaisant. Il néglige la singularité de chaque individu pour former des êtres équivalents, grégaires. En politique, le nihilisme inconséquent que cache l’idéal démocratique aboutit logiquement à l’affaiblissement et la suppression de soi.

 

Le surhomme, philosophe artiste

 

La « mort de Dieu » est une épreuve terrible, mais elle est aussi une chance : elle peut devenir un affranchissement pour l’homme fort qui la surmonte. Il retrouve la vie que Dieu condamnait, et invente de nouvelles valeurs. Le dépassement du nihilisme, à travers la pensée de l'éternel retour, est la « transvaluation des valeurs » que le surhomme accomplit. Symbole de la volonté de dépassement, il ne sert aucun idéal, ne vénère aucun dieu, ne réfrène aucun élan. Il consent au devenir, au caractère changeant et incertain de la vie terrestre. Il éprouve une affinité élective solide envers ceux qu’il choisit. Ni voluptueux ni chaste, il conserve une innocence des sens dans son rapport à la temporalité. Le surhomme nietzschéen n'est pas un homme surpuissant, physiquement ou intellectuellement. Il est une évolution attendue et souhaitée de l'homme : « L'Homme est une chose qui doit être dépassée. C'est-à-dire que l'Homme est un pont et non un terme. »

 

Le surhomme n’est un concept ni biologique ni racial. Il n’annonce pas une nouvelle espèce destinée à supplanter l’homme. Il est celui qui peut éduquer et hausser la culture jusqu’à l’affirmation dionysiaque de l’amor fati. Il a surmonté en lui tout ressentiment et s’est arraché à la rumination pathologique d’une éternité fantasmée en affirmant son présent. À la marche concrète de la vie, au passage, à la douleur, à l’éphémère : il dit oui. Il a un rapport actif avec le passé, c’est-à-dire qu’il ne s’y abandonne pas pour fuir l’action, ressasser de vieilles rancoeurs. Il y puise des énergies qui fomentent l’avenir. À la question : « voudrais-tu le retour éternel de tes actes ? », il répondrait oui. Il veut que l’instant se répète et transforme tout cas particulier en nécessité. Dans cette vision cyclique, chaque instant est indépendant, contient tout le temps. Zarathoustra enseigne que c'est le temps lui-même qui est éternel : chaque événement de l'histoire devant se reproduire une infinité de fois, éternellement. L'idée de l'éternel retour est l'épreuve suprême pour le surhomme : être capable d'accueillir cette idée est la forme la plus haute de l'acquiescement à ce monde.

 

Le surhomme est l’esprit libre qui après avoir été chameau (animal moral), puis lion (destructeur de la morale) est devenu l’enfant, innocent et créateur qui entretient un rapport primitif, expérimental avec le monde. S’il est calme et serein, c’est non pas parce qu’il a éradiqué ses passions, « l’homme [ayant] besoin de ce qu’il y a de pire en lui s’il veut parvenir à ce qu’il y a de meilleur », mais parce qu’il les a dominées et développées. Il est alliance de trouble et d’ordre. Dionysos et Apollon ne constituent pas une alternative : toute œuvre d’art profonde résulte de leur alliance dans la mise en forme d’un chaos affronté. Doué d’une énergie vitale exceptionnelle, le surhomme cherche à se heurter au réel, sans protection des falsifications de la raison qui voile la réalité. Il n’est pas un remplacement de Dieu, une créature divine, mais l’incarnation de la fidélité à la terre, l’adhérent au cycle naturel. Sa singularité ne se situe pas dans une différence de race, de sang, de physique, mais d’adhésion à la vie. Il embrasse la réalité par intuition et non en suivant les principes de la raison ou de la logique ; il est porté par un instinct terrestre. Sa valeur se mesure selon sa capacité à s’affirmer et tenir bon dans cette rencontre avec la réalité terrifiante, tragique. Puisque « la dose de vérité qu’un homme supporte sans dégénérer, est sa mesure », le surhomme s’expose à la mort et folie. Heureusement « nous avons l’art pour ne pas périr de la vérité ». C’est la vie elle-même qui exige que l’art opère cette formalisation du chaos. Grâce à l’art, le surhomme, ou philosophe, créateur côtoie l’abîme sans jamais choir dans l’informe et le désordre, il aime la vie dans sa dureté et sa splendeur. Comme l’artiste classique, il soumet ses instincts ténébreux à la discipline, organisatrice de clarté. Le style, dans la vie comme dans l’écriture nietzschéenne n’est pas une excroissance décorative mais un mécanisme interne et central, il a une valeur éthique créatrice : l’élégance. Pour Nietzsche, seul l'art justifie la vie. Dès La Naissance de la tragédie, il oppose et associe les figures dionysiaque et apollinienne. Ces deux figures artistiques naissent de l'ivresse. La première est l'ivresse de la décharge d'énergie irrationnelle, la seconde est une ivresse formelle issue d’une beauté raisonnée dont le caractère esthétique encourage les hommes à vivre. La tragédie attique est l'accouplement de ses deux impulsions qui se combattent et s’incarnent dans la figure du surhomme créateur. Celui-ci est la seconde alternative qui s'offre à la civilisation dans sa confrontation avec l'événement de la « mort de Dieu ». Il comprend que si Dieu est mort, si les valeurs suprêmes et éternelles n'existent pas pour l’éclairer ; c'est à lui qu'incombe la tâche de créer ses propres valeurs et d’édifier sa vie comme une œuvre d’art. Nietzsche ne recherchait pas autre chose. « Ma passion et ma compassion – qu’importent-elles ? Est-ce que je recherche le bonheur ? Je recherche mon œuvre ! » La voix de Zarathoustra s’élève. Il est ce monde.

 

Claire Fercak


Cette étude est parue une première fois dans Le journal de la Culture n°13 de mars/avril 2005.


il y a 22 mois Suivre · Utile  (5) · Commenter

1 commentaire

Thierry Maugenest il y a 22 mois

L’œuvre de Nietzsche a toujours besoin de ce genre d’exégèse. Car des préjugés simplistes ont fait d’elle la victime de nombreux malentendus. Curieusement, les thèses nietzschéennes véhiculées par le "grand public" sont parfois diamétralement opposées aux préceptes du philosophe de Röcken. Beaucoup, par exemple, ont cru deviner l’apologie du totalitarisme derrière le concept axial de la volonté de puissance, associé à la critique de l’esprit démocratique. Pourtant, il importe avant tout pour Nietzsche de ne jamais confondre force et domination. Il en va de même pour l’antisémitisme. Si sa correspondance de jeunesse laisse planer çà et là l’ambiguïté sur ce thème, l’évolution de sa pensée et de ses œuvres (Par-delà le bien et le mal notamment) ne laisse plus place au doute : Nietzsche n’a pas de mots assez durs à l’encontre des penseurs racistes et antisémites… Seul peut-être, à ma connaissance,  Krishnamurti peut se targuer d’une telle incompréhension. Le seul nom de ce philosophe résonne aux oreilles de ceux qui n’ont jamais lu son oeuvre comme celui de je ne sais quel gourou, alors que nul autre que lui n’a autant prôné la nécessité de penser par soi-même et de se dégager de tout maître…

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