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Molière
Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière (1622-1673), auteur de comédies qui sont la peinture de son époque, acteur et directeur de troupe. Biographie de Molière.

Le malade imaginaire de Molière : Résumé

il y a 18 mois Suivre · Utile · Commenter


Résumé : Le Malade imaginaire de Molière (1673)

 

Argan est un homme parfaitement bien portant, ce qui ne l’empêche pas de se croire très malade. Il entre en fureur quand on lui dit qu’il se porte bien. À la fin du mois, il additionne tous les médicaments qui lui ont été administrés. Il n’en a que vingt, le mois précédent il en avait trente-deux. « Je ne m’étonne pas, dit-il avec douleur, si je ne me porte pas si bien ce mois-ci que l’autre. Je le dirai à M. Purgon, afin qu’il mette ordre à cela. »

 

Deux médecins se sont emparés de lui. L’an, M. Diafoirus, aime mieux médicamenter le peuple, où l’on n’a qu’à suivre les règles de l’art, sans se mettre en peine de ce qui peut arriver. Les grands ont cela de fâcheux, qu’ils veulent absolument qu’on les guérisse. « Un médecin, dit-il, n’est obligé qu’à traiter les gens dans les formes c’est à eux à guérir s’ils peuvent. » M. Diafoirus veut qu’on mette les grains de sel par nombre pair dans un œuf, et par nombre impair dans les médicaments. Son confrère, M. Purgon, fait croire à Argan qu’il mourra s’il reste trois jours sans être visité par lui. Il entre en fureur et le menace de toutes les maladies, parce qu’il n’a pas pris un des remèdes les plus innocents de la médecine. Cependant, Argan est le plus docile des malades. On lui a ordonné de se promener douze allées et douze venues dans sa chambre ; il se désole parce qu’il a oublié de demander si c’était en long ou en large.

 

Pour s’assurer des secours contre la maladie, il veut marier sa fille Angélique, malgré elle, à M. Thomas Diafoirus, le fils de son médecin. Heureusement celle-ci trouve un puissant auxiliaire dans sa servante Toinette qui ne craint pas d’affronter le courroux d’Argan et même de Béline, sa seconde femme, pour s’opposer à ce ridicule mariage. Il est vrai que Béline ne demande pas mieux que d’éconduire de la maison les enfants d’un premier lit ; même, par des caresses perfides, elle flatte les faiblesses de son mari, lui donne des témoignages hypocrites de tendresse, jusqu’à ce qu’enfin elle soit parvenue à lui faire faire un testament en sa faveur, au préjudice de ses enfants. Mais Toinette démasque ses perfidies et Argan n’en est bientôt que trop convaincu. Cependant, à défaut de Thomas Diafoirus, il tient encore à avoir un gendre médecin.

 

Qu’à cela ne tienne, le jeune homme qu’Angélique agrée, Cléante, consent à se faire médecin. « Et pourquoi pas vous faire médecin vous-même ? » lui dit son frère. Cette idée lui sourit mais il se sent malheureusement trop vieux « pour apprendre le latin et pour connaître les maladies et les remèdes ». « Il n’y a pas besoin d’études, lui réplique-t-on en recevant la robe et le bonnet, tout galimatias devient savant, et toute sottise devient raison. » Argan, enchanté, se fait recevoir médecin et cette cérémonie burlesque termine la pièce en couvrant de ridicule tous les Purgons et les Diafoirus.

 

Dans cette pièce, on voit combien l’amour désordonné de la vie est destructeur de toute vertu morale. Argan, voué à la médecine, esclave de M. Purgon, est aussi un époux sot et dupe, un père injuste, un homme dur, égoïste, colérique. Avec quelle énergie et quelle vérité l’auteur trace le tableau des caresses perfides d’une belle-mère qui abuse de la faiblesse d’un imbécile mari pour dépouiller les enfants du premier lit ! Quelle décence, quelle raison, quelle fermeté dans le caractère d’Angélique !

 

Cette comédie est l’image fidèle de ce qui se passe dans un grand nombre de familles. Enfin, l’auteur a osé y attaquer un des préjugés les plus universels et les plus anciens de la société, il a osé y combattre les deux passions qui font le plus de dupes, la crainte de la mort et l’amour de la vie ; il a bien pu les persifler, mais, hélas ! il était au-dessus de son art de les détruire. Les usages qui ont leur force dans la faiblesse humaine, bravent tous les traits du ridicule. Molière, il faut bien l’avouer, n’a point corrigé les hommes de la médecine, mais il a corrigé les médecins de leur ignorance et de leur barbarie.

 

 

[D’après Daniel Bonnefon. Les écrivains célèbres de la France, ou Histoire de la littérature française depuis l'origine de la langue jusqu'au XIXe siècle (7e éd.), 1895, Paris, Librairie Fischbacher.]

 

il y a 18 mois Suivre · Utile · Commenter

1 commentaire

Chroniqueur
Virginie Trézières il y a 5 mois

Au risque de paraître pointilleuse, "chienne", "carogne", "traîtresse", "coquine", à l'instar d'Argan qui insulte copieusement sa servante, je me dois de "corriger" certains détails qui sont erronés.


Pour commencer, dans l'acte premier, le médecin ne lui a pas administré vingt médicaments et trente-deux le mois suivant mais "huit médecines [...] et douze lavements ; et l'autre mois, [...] douze médecines et vingt lavements". Chose non négligeable à souligner car nous sommes bien dans les entrailles de Monsieur qui se préoccupe de ses coliques ! Et c'est bien la raison pour laquelle, son médecin nigaud, lui prescrit des "œufs frais" "et, le soir, de petits pruneaux pour lâcher le ventre".[III,X]
De plus, l'un des tours de parole attribué au médecin est incorrect. Le présent article écrit : [le médecin dit] :" c’est à eux à guérir s’ils peuvent." Il s'agit du "vers" 169 [II,V] énoncé par Toinette, la servante. 
Concernant cette boutade :"[...] Argan est le plus docile des malades. On lui a ordonné de se promener douze allées et douze venues dans sa chambre ; il se désole parce qu’il a oublié de demander si c’était en long ou en large." Elle est bien vraie, si, si !


Dommage que "la cérémonie burlesque d'un homme qu'on fait médecin" au troisième intermède [scène finale] soit passée sous silence car elle vaut le détour ! Une assemblée euphorique composée de médecins, d'apothicaires, de"porte-seringues" et de chirurgiens chantants et [...] dansants" le proclame médecin et donc "le pouvoir et la puissance De médiciner, /De purger, /De saigner [blablabla...] et de tuer [surtout... leitmotiv repris par le Chœurimpunément à travers toute la terre". Derniers vivats du Chœur en clausule de la pièce : "Que durant mille et mille an il mange, et boive, / Et saigne, et tue !" [Argan ; le nouveau docteur]


Très grossièrement et très singulièrement, nous retiendrons donc que les médecins sont des tueurs d'humains aussi terribles que "pestes", "véroles", "fièvres", "pleurésies", "flux du sang et dysenteries" et que si vous voulez séduire une belle et jeune fille promise à l’hyménée, [en qualité de médecin], il vous suffit de l' "invite[r] à venir voir l'un de ces jours, pour [la] divertir, [non pas un film au cinéma, mais...] la dissection d'une femme." [II,V]


Aux antipodes de ce verrat mal dégrossi, Polichinelle, bien que "filou", "voleur" et maraud, chante une longue sérénade à sa maîtresse en pleine nuit... : "Ô nuit, chère nuit, porte mes plaintes amoureuses jusque dans le lit de mon inflexible."[Premier intermède, v.16]

Toinette nous promet que "le divertissement sera agréable".[v. 144 (II,V)], et il l'est ! Cette pièce "comédie-ballet" mélange tous les tons, celui de la riposte, de la vivacité, du rire ... et nous offre le combat d'une énergie vitale qui se livre pour un ultime effort : pris en scène d'un malaise, Molière est transporté chez lui et meurt presque aussitôt en ce 17 février 1673, à la quatrième représentation. On l'enterre sans grande cérémonie, après intervention du roi, car selon la tradition, un comédien n'a pas le droit d'être enseveli en terre chrétienne.


"Voilà une belle oraison funèbre."
[v.25(III,XII)] Toinette ironique à sa belle-mère

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